La réforme résultant de l’application de la loi sur l’eau, qui vise à modifier, entre autres, les conditions d’usage de l’eau pour les agriculteurs est inefficace environnementalement, coûteuse économiquement, injuste et déstructurante socialement…
Cette réforme est inefficace en matière de gestion de l’eau. Les pratiques actuelles de gestion collective de l’eau préservent déjà les débits des rivières en adaptant les prélèvements agricoles aux besoins prioritaires et aux débits. La réforme en cours résulte d’une vision théorique des choses, basée sur la seule gestion volumétrique inopérante dans nos régimes irréguliers des rivières
A l’inverse ce mode de gestion peut risquer de gaspiller de l’eau en début de saison et de mettre ainsi à sec les cours d’eau fragiles en fin de période quand les débits sont les plus faibles. D’autant que la politique de création de ressources en eau nouvelles est en panne
Cette réforme est coûteuse pour notre agriculture du Sud Ouest, et pour son économie. Elle provoquera brutalement la diminution de 30% en moyenne des prélèvements d’eau d’irrigation et donc des surfaces irriguées. Pour la plupart des exploitations concernées il n’y a pas de possibilités sérieuses et immédiates d’adaptation. Les pertes économiques directes à la fois à titre individuel et collectif sont considérables. Avec une agriculture régionale dont les revenus sont déjà très affaiblis, cette situation conduira à l’arrêt de l’agriculture dans les secteurs les plus fragiles, à la disparition des emplois induits, et à la déstructuration de secteurs agroalimentaires entiers.
Cette réforme est injuste et déstructurante. L’agriculture est dans cette loi la seule variable d’ajustement pour assurer l’étiage des rivières, dont le cours est naturellement irrégulier. Les agriculteurs sont injustement mis seuls à contribution. Avec eux ce sont des milliers d’emplois directs ou induits, et des centaines d’exploitations qui sont menacées dans leur existence même, et avec elles tout l’approvisionnement de l’Agroalimentaire régional .
Les agriculteurs du Sud-ouest dont les revenus ont été déjà divisés par 2 en 2 ans expriment un vrai ras le bol !!
HALTE AU MASSACRE ! ils demandent à ce que les modes de gestion de l’eau soient adaptés à la situation particulière du Sud Ouest par :
- Le maintien du niveau actuel des prélèvements autorisés et la reconnaissance de la méthode éprouvée de la gestion débimétrique des rivières basée sur leur débit biologique actuel
- La mise en œuvre urgente (compte tenu des délais de réalisation) d’un réel plan ambitieux de création de ressources en eau nouvelles, seule possibilité pour à la fois répondre à terme aux débits prévus par cette loi, et faire face aux défis des évolutions climatiques et des besoins croissants de la société.
FAUTE A UN MANQUE D’AVANCEES SIGNIFICATIVES SUR CE DOSSIER VITAL,
L’AGRICULTURE VA RENTRER EN RESISTANCE
Auteur : dominique Graciet